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Le coin du botaniste

Le diocèse du Puy - ce n’est un secret pour personne -, abrite bien des trésors !

Parmi les Bibles, manuscrits et autres grimoires, la bibliothèque du Grand Séminaire conserve, en ses murs séculaires, cinq herbiers qui attirent l’attention, tant par leur contenu botanique que par leur voyage historique à travers les siècles …

Bien plus qu’une simple collection de plantes rassemblées avec amour par un professeur de passage au Séminaire du Puy (probablement dans les années 1820 ), ils s’inscrivent dans l’Histoire même du Velay, par les documents qui ont servi de support à ces collections.

En effet, il n’est pas rare de trouver des livres de cette époque qui ont eu « plusieurs vies ». Remplois bien utiles dans des temps où le papier était rare. A ce titre, faisons un petit focus historique sur deux de ces herbiers.

 

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Les botanistes du Conservatoire et les correspondants de votre réseau d'observateurs vous font part de leurs recherches ou de leurs découvertes ...

Lors de l’enquête lichens forestiers, Patrick Pinault a découvert dans le Puy-de-Dôme un lichen méconnu sur des piquets de Robinier faux-acacia, Calicium notarisii (Tul.) M. Prieto et Wedin, connu des Alpes et du Massif-central. Un article publié par Clother Coste et Patrick Pinault dans la revue d’écologie Terre et vie décrit une nouvelle association lichénique qui se développe sur les piquets de vignes ou de clôture de Robinier faux-acacia en milieu rural. Cette association a été observée en Limagne, mais il est possible que sa répartition en France soit plus étendue. Voir le site web de Clother Coste.

Dédiée au naturaliste suédois Erich Laxmann (1737-1796), cette massette a été observée le 16 juillet 2016 sur la commune de Poleymieux-au-Mont-d’Or, dans le massif du Mont d’Or lyonnais (Rhône). Sur une surface d’environ 200m², plus de 1000 tiges en début de floraison y ont été estimées au sein d'une dépression marneuse d'une ancienne carrière d’argile, aujourd’hui occupée par un club de loisirs privé.
Ce taxon se reconnaît à ses feuilles très étroites (moins de 5mm de large à la floraison) et surtout par son épi mâle bien plus long que l’épi femelle et distant de celui-ci.
Connue du quart sud-est de notre pays, cette massette a déjà été signalée en région Auvergne-Rhône-Alpes dans la Drôme et l'Ain. Pour ce dernier département, elle a été revue récemment sur l’île de Miribel-Jonage à proximité immédiate de l'agglomération lyonnaise, où elle semble déjà ponctuellement bien établie.

Jean-François Christians

Certaines espèces rares ne se retrouvent qu’après de longues journées de recherches infructueuses… Il aura finalement fallu herboriser entre les pieds des vacanciers, sur les berges de l’étang de Saint-Bonnet-Tronçais (03), pour retrouver enfin le Souchet jaunâtre (Cyperus flavescens) ! Une population importante de ce petit Cyperus rampant aux jolies inflorescences dorées a donc été comptabilisée début août 2017 alors même que sa dernière mention remontait à plus de 30 années sur la queue de l’étang. Si les baigneurs n’avaient pas conscience d’être sur un hot spot de biodiversité, cela n’a pas empêché les joies estivales de se poursuivre entre châteaux de sable et farniente. Il est d’ailleurs probable que ces activités ne soient pas une menace directe pour l’espèce qui occupe là une des plus grandes populations connues du département de l’Allier.

Marine Pouvreau

La fin de l’été 2017 a été marquée par la finalisation de la recherche des stations d’Isoete des lacs (Isoetes lacustris), espèce protégée au niveau national, au sein de l’Espace naturel sensible du Lac du Bouchet (Haute-Loire). Quelques plongeurs du Club Vellave de Plongée, très investis, ont donné de leur temps et de leur énergie pour aider le CBN Massif central à cartographier les stations de l’espèce. Les observateurs, équipés de bouteilles de plongée et attachés à une bouée permettant d’enregistrer les trajets sous l’eau à l’aide d’un gps, ont ainsi pu suivre les herbiers d’Isoète sur toute leur longueur. Cette cartographie montre que l’espèce se développe sous l’eau, principalement entre 1 et 3 m à sa plus grande profondeur, sur la bordure est du lac. Les promeneurs peuvent d’ailleurs l’observer du haut de la passerelle aménagée dernièrement par le Département de la Haute-Loire.

Marine Pouvreau