Ressources végétales et société

Étudier les relations entre la diversité végétale et son utilisation par l’homme…

Au fil des âges, qu’il s’agisse de se nourrir, de se vêtir ou de s’abriter, l’homme n’a cessé d’utiliser les plantes et leur diversité pour répondre à ses besoins vitaux. Tandis que les modes de vie actuels tendent, chaque jour, à l’éloigner l’homme du monde végétal et contribuent à en affaiblir la diversité, il est apparu important pour le CBN Massif central de s’intéresser aux relations passées ou actuelles entre notre société et le patrimoine végétal, en particulier aux nombreux services rendus par la flore et les écosystèmes régionaux, tant des points de vue culturels, sociaux, économiques, qu’environnementaux.

Parcouru dès l’aube de l’humanité par les Néandertaliens, le paysage végétal du Massif central porte, en effet, les stigmates d’une exploitation précoce de sa diversité végétale. Cette vieille terre de cueillette, de culture et d’élevage, hérite aujourd’hui d’un véritable patrimoine culturel, de savoirs ancestraux, de traditions et d’usages ancrés dans les coutumes régionales dont la disparition – probablement déjà bien engagée – constitue une véritable perte pour la compréhension du monde dans lequel nous vivons.

L’ethnobotanique, l’archéobotanique, la biogéographie, la paléobotanique, l’ethnopharmacologie ou encore la toponymie sont quelques-unes des nombreuses disciplines qui peuvent contribuer à mieux connaître les relations, anciennes et contemporaines, entre l’homme et le végétal, mais aussi à faire connaître les ressources végétales en jeu. Et c’est, sans aucun doute, grâce à connaissance et à la valorisation de celles-ci que le CBN Massif central pourra sensibiliser le plus large public à la préservation de la biodiversité régionale.

En 2012, le CBN avait entrepris une vaste étude (V. Laucoin, 2012) sur les plantes sauvages collectées sur le territoire d’agrément à des fins artisanales ou industrielles, a permis d’identifier le patrimoine exploité. Plus de 370 espèces sont ainsi cueillies sur le territoire de compétence du CBN Massif central, généralement sur des zones à forte biodiversité. La Gentiane jaune, le Narcisse des poètes, les lichens, l’Arnica des montagnes, la Myrtille, les millepertuis, l’Épilobe à feuilles étroites, l’Aubépine monogyne, la Reine des prés ou encore l’Achillée millefeuilles figurent parmi les espèces les plus cueillies en volume (plantes sèches et fraîches) et les plus consommées par les grossistes et transformateurs. Considérant l’engouement croissant pour les produits biosourcés, il est évident que les résultats de 2012 restent à reconsidérer à la lueur des pratiques de consommation actuelles. De nombreux pouvoirs publics réfléchissent aujourd’hui à un encadrement des pratiques et à une veille scientifique relative aux ressources sauvages disponibles.

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